mercredi 24 octobre 2007


En Afrique du Sud, grâce aux PlayPumps, pomper l’eau devient un jeu d’enfant...

Dans les années 90, Ronnie Stuiver, un ingénieur sud-africain spécialisé dans les forages, parcourt le pays pour créer des puits. A chacune de ses visites dans les villages, il s’aperçoit que les enfants, fascinés et débordants d’énergie, s’attroupent autour de lui. Il conçoit alors un ingénieux système de pompage activé par la rotation de manèges : à chaque tour de manège, l'eau potable est puisée dans la nappe phréatique et acheminée jusqu'à la citerne, en hauteur. La force motrice de l'ensemble, ce sont les enfants qui la fournissent.
La corvée d'eau devient prétexte à s'amuser. Le réservoir se remplit dans la foulée.
"L'énergie passée par les enfants à faire tourner la roue génère assez de puissance pour approvisionner en eau potable un village de 3 000 habitants" explique Trevor Field, le patron de Roundabout Outdoor, la société qui exploite le concept. Au rythme de 16 tours minutes, il faut un peu moins de deux heures de manège pour remplir la citerne de 2500 litres.
Autre idée de génie : la maintenance est financée par la publicité affichée sur la cuve juchée à 7m de hauteur : 2 panneaux, gratuits, sont réservés à des messages de santé publique ; les 2 autres sont concédés à des sociétés commerciales.
Dans les provinces rurales d’Afrique du Sud où vivent 13 millions de personnes, 78 % de la population n'a pas accès à l'eau courante. Depuis 1993, 500 manèges ont été installés. Près d'écoles, de dispensaires, de maisons de jeunes. Là où les enfants sont les plus nombreux. D'ici 2008, l'état sud-africain s'est engagé à équiper toutes les écoles du pays.
Dans le Kwazulu Natal, le succès des « manèges à eau » repose sur un partenariat réussi entre la société Roundabout Outdoor, le Ministère des Eaux et Forêts, le Département de l’Education, et l’AMREF.
Pour l’AMREF, l’accès à l’eau s’inscrit dans un programme plus vaste d’éducation à l’hygiène et à la santé, qui passe par la sensibilisation des enfants.
L’accès à l’eau salubre associé à des pratiques d’hygiène saines réduit considérablement la prévalence des maladies liées à l’eau et participe ainsi au développement social et économique des communautés.
Dans ce programme, les enfants sont doublement acteurs de leur développement : ce sont eux qui fournissent l’eau potable à leur village, ce sont aussi eux qui contribuent au changement des comportements en matière d’hygiène.
Grâce aux PlayPumps, les enfants mettent leur vitalité au service de leur avenir : n’est-ce pas là le coeur du processus de développement ?

AC

lundi 1 octobre 2007

Les marronniers africains

Il existe dans le jargon des journalistes un terme pour désigner les sujets-bateaux que l’on ressort périodiquement du fond des tiroirs lorsque l’actualité n’offre pas de scoops retentissants, façon tsunami ou autres 11 septembre 2001 : ce sont les marronniers.
Citons pêle-mêle : le palmarès des hôpitaux en France, les prix de l’immobilier, le vrai salaire des cadres, les soldes et leur impact sur l’économie, le dopage chez les sportifs, etc.
Doit-on y ajouter l’alternance parfaitement réglée et systématique des périodes de sécheresse et d’inondations en Afrique ?
Hélas, oui…
Qui s’émeut encore du spectacle de femmes épuisées portant des jerricans sous un soleil de plomb, de hordes d’enfants faméliques au regard vide, ou de villages emportés par les flots ?
Face à ces images qui passent en boucle devant nos yeux blasés, la résignation, voire le cynisme, nous guettent : à quoi bon ?
A quoi bon construire des puits s’ils doivent être emportés par les eaux 6 mois plus tard ? A quoi bon chercher à soigner les populations quand rien ne semble pouvoir stopper les épidémies galopantes ? Et puis à quoi bon former des élites locales si leur rêve est de gagner l’Europe ? Et d’ailleurs, à quoi bon financer des plans d’aide humanitaire, quand on sait qu’une grande partie des sommes versées empruntera les circuits de la corruption ?
Le sort de l’Afrique est-il condamné à se dissoudre dans ce fatalisme un peu rapide ?
Nous ne le pensons pas.
Il existe une autre façon d’envisager le devenir de l’Afrique, qui exige de renverser notre point de vue, et de faire notre cette foi en l’homme que proclamaient les humanistes du XVIème siècle :
« Il n’est de richesses que d’hommes. »
Si l’avenir de l’Afrique s’appuie nécessairement sur une aide financière importante, il passe avant tout par la conviction que ce sont les hommes qui sont les premiers acteurs de leur développement.
Il ne s’agit plus alors de signer des chèques en blanc depuis notre citadelle européenne, mais d’engager une véritable relation avec les populations d’Afrique.
Depuis 50 ans, l’AMREF s’emploie à tisser des liens privilégiés avec les communautés.
Nous considérons que nos programmes d’intervention doivent partir des besoins des communautés, qu’ils doivent se construire dans le respect des cultures et traditions locales, et que ce sont les communautés qui doivent être les acteurs de leur mise en œuvre.
Ce partenariat, fondé sur la conviction que chacun a quelque chose à apporter à l’autre, est le gage de la réussite et de la pérennité des projets mis en place.
Il suppose bien sûr un engagement au quotidien et une vision à long terme, qui nous éloignent radicalement du « zapping humanitaire » dans lequel nous baignons : « Même pour les urgences fortement médiatisées, observe le directeur général d'Euro-RSCG, Laurent Habib, le système d'essuie-glace est tel qu'une crise chasse l'autre, ballottant l'attention du public qui finit par se poser des questions sur l'efficacité des dons versés ».
Sachons alors porter notre regard au-delà de la très brève visibilité médiatique des catastrophes qui secouent l’Afrique : c’est alors seulement que notre aide ponctuelle démultipliera ses effets en s’intégrant dans une véritable politique de développement durable.
AC

jeudi 19 juillet 2007

Le fil rouge du migrant

Les migrants en tant qu’acteurs de la mise en cohérence du développement et de la citoyenneté entre l’Afrique et l’Europe est l’idée de base du GRDR, Groupe de Recherche et de Réalisations pour le Développement Rural.

Depuis 1969, le GRDR s’occupe de valoriser la migration du bassin du fleuve Sénégal comme moyen d’échanges et de coopération entre « les citoyens de là-bas et les citoyens d’ici »
Grâce à leur double appartenance à leur pays d’origine et à leur pays d’accueil, les migrants sont non seulement les meilleurs initiateurs et promoteurs de dynamiques de développement en Afrique, mais aussi porteurs de projets individuels ou collectifs d’insertion en France.
L’Afrique et la France sont ainsi intiment liées par un fil rouge, celui des migrants qui deviennent ainsi acteurs principaux de co-développement. L’objectif du GRDR est la valorisation de ce double espace, ainsi que le transfert de compétences.

Le GRDR accompagne les migrants dans leur insertion sociale et économique en France, à travers de nombreuses formations professionnelles. Il accorde aussi une attention toute particulière à la promotion de la santé auprès des migrants, souvent touchés par le VIH/SIDA en accompagnant les associations issues de la migration dans le renforcement de leur rôle d’acteurs de prévention ici en France et dans leur pays d’origine. Au Mali, le GRDR, dans le cadre d’un programme multi acteurs, participe à un meilleur accès aux soins de qualité et proximité et à la décentralisation de la prise en charge du VIH/SIDA.

Dans le même temps, le GRDR valorise le rôle des migrants en tant qu’ « ambassadeurs » de projets de développement dans leurs régions d’origine, auprès des partenaires français. Les projets soutenus par le GRDR promeuvent surtout le secteur agricole et artisanal au Mali, Mauritanie et Sénégal.
Avec le même esprit que l’AMREF qui a parié sur la capacité des communautés africaines à prendre en charge leur propre destin, le GRDR rompt avec les logiques d’assistanat et investit sur la richesse de ce précieux fil rouge.
FG

Pour plus d’informations : http://www.grdr.org/


mercredi 4 juillet 2007

L’avenir de l’Afrique sera noir !

(campagne AMREF Italie, www.amref.it)


Il y a tout juste 50 ans, Michael Wood, chirurgien vouant une passion pour l’Afrique, a fondé au Kenya l’AMREF (African Medical Research Foundation). En un demi-siècle, de nombreux médecins et spécialistes ont volé vers les zones les plus reculées et les plus désavantagées du continent, pour secourir les victimes de conflits, combattre le paludisme, la tuberculose et le SIDA. L’AMREF a aussi construit des puits, restructuré des écoles, réalisé des projets de micro-crédits, soutenu les femmes et formé du personnel médical.
En 50 ans de travail avec les communautés, nous avons évolué et surtout changé de peau.
Nous avons commencé par travailler dans l’urgence, maintenant nous nous occupons de développement.
Nous étions des blancs amoureux de l’Afrique, aujourd’hui nous sommes des noirs qui parlons au monde
.
L’Afrique nous a transformés.
Aujourd’hui nous savons que les seules solutions aux problèmes du continent ont leurs racines dans les communautés concernées par les problématiques posées.
L’AMREF renforce les systèmes de santé africains existants ainsi que la capacité des communautés à mettre en place leur propre système et faire valoir leur droit à la santé
L’AMREF bâtit des liens entre ces systèmes, les développe et met en place des programmes de santé pour rendre les communautés autonomes par la recherche de solutions appropriées, efficaces et durables.
Avec ses 50 ans d’expérience et plus de 97% de son personnel qui est africain, l’AMREF soutient que l’avenir de l’Afrique sera noir !

FG



mardi 3 juillet 2007

L’EAU EST UN JEU

En 2015, les Nations Unies ont prévu de réduire de moitié le nombre de personnes (un milliard environ) qui n'ont pas accès à l'eau potable. L'eau contaminée est vectrice de maladies comme le paludisme, le choléra, la diarrhée, les infections ophtalmiques.
6.000 enfants meurent chaque jour de maladies dues à une eau insalubre.

Depuis plusieurs années, l'AMREF construit des puits, des latrines et des citernes qui garantissent aux populations rurales les plus pauvres d’Afrique, l'accès à l'eau potable.
En Afrique du Sud, l’AMREF, depuis 1995, met en
place des projets d’accès à l’eau et d’éducation à l’hygiène dans les écoles à travers un programme intitulé, PHASE (Personal Hygiene and Sanitation Education - Formation à l’hygiène personnelle et à la santé).
PHASE cible les enfants pour promouvoir la santé et le bien-être au sein de la communauté toute entière, et de façon durable.

Le projet 2006/07 de l’AMREF Afrique du sud (cliquez ici) installe des infrastructures sanitaires et d’apport en eau, dans 10 écoles à Umkhanyakude (Kwazulu Natal) et à Chris Hani (Eastern Cape).
Le projet est basé sur un système simple et efficace de pompes à eau sous forme de tourniquets des aires de jeux pour enfants. Actionnées par les jeux d’enfants, ces pompes installées dans les écoles d’Afrique du Sud, apportent une source d’eau saine et fiable à autant d’écoles et de communautés désavantagées.
Ce projet est pensé selon une approche globale qui vise non seulement à fournir des infrastructures sanitaires fiables, mais aussi à changer durablement les pratiques d’hygiène auprès des enfants et de leurs communautés.
L’AMREF prône également la pérennité du projet, en incitant à l’institutionnalisation de PHASE dans tous les programmes scolaires et l’étendre ainsi à l’ensemble de l’Afrique du Sud.
FG


jeudi 28 juin 2007

La voix de l’Afrique est virtuelle !

Depuis ses débuts, l’AMREF a voulu donner la parole à ceux qui sont directement concernés par les politiques engagés sur le continent noir. Au-delà des ses actions sur le terrain pour améliorer les conditions de vie des populations et renforcer les structures sanitaires, l’AMREF est le porte-parole de l’Afrique, dans le domaine de la santé, lors de forums internationaux, comme le World Economic Forum ou le G8. Mais un plaidoyer efficace ne peut se faire qu’avec un concert de voix à l’unisson. Toutes les voix comptent et nous avons besoin de la vôtre !

L’AMREF a donc gagné les mondes parallèles et insolites du web, avec sa nouvelle recrue Oumy Melnik (o.melnik@amref.fr), qui s’est établie dans Second Life, en tant que bénévole pour faire découvrir non seulement le travail de l’AMREF, mais aussi pour partager des sujets de réflexion sur l’Afrique et son potentiel tant culturel qu’économique.
Sa mission première est de fédérer des avatars pour offrir un auditoire plus vaste aux communautés africaines, en les soutenant dans leur recherche d’autonomie et de développement.
Qui ? Quoi ? Quand ? Comment ? Tout est à créer dans ce nouveau monde et le champ des possibles vaste, mais le souhait d’Oumy est de créer une communauté ouverte et libre, qui se nourrit du foisonnement d’idées et d’échanges.
L’aiderez-vous ?
Oumy vous attend !!


Les jeunes mères victimes d’un conflit oublié

Selon le rapport 2007 des Nations Unies, concernant les Objectifs du Millénaire pour le Développement, l’Afrique subsaharienne n’est en voie d’atteindre aucun des objectifs prévus pour 2015.
La santé maternelle, en particulier, reste un scandale régional et mondial. Pour une femme d’Afrique subsaharienne – affirme le rapport – les risques de décéder de complications dues à la grossesse ou à l’accouchement sont 1 pour 16, alors qu’ils sont de 1 pour 3800 dans les pays industrialisés.

Dans le nord de l’Ouganda, la situation des femmes est particulièrement dramatique.
21 ans de conflits entre le gouvernement et les rebelles de « l’Armée de Résistance du Seigneur » (Lord's Resistance Army – LRA) ont forcé 90 % de la population du nord de l’Ouganda à quitter leurs foyers et à se réfugier dans des Camps de Migrants Internes. Les conditions sanitaires y sont désastreuses et l’accès aux unités de soins ou aux hôpitaux quasi impossible.
De nombreuses mères décèdent d’infections contractées pendant l’accouchement, car elles ne sont pas assistées d’un personnel de santé qualifié alors qu’elles enfantent.

Ce conflit aux effets dévastateurs pour les civils, fut longtemps décrit comme une des plus grandes urgences humanitaires se déroulant dans l’indifférence du monde
Depuis peu, la population profite d’une accalmie et essaie de se reconstruire un semblant de vie normale. Pour les soutenir, l’AMREF a mis en place un programme (
cliquez ici
) dans le district de Kitgum, au cœur des camps, afin d’améliorer les conditions de vie des plus vulnérables que sont, en premier lieu, les enfants et les femmes enceintes.
Ce programme comprend la construction et l’équipement de 7 maternités, la formation des professionnels de santé et le renforcement du système de santé maternelle communautaire.
A travers cette action, l’AMREF réaffirme son engagement sur le terrain, dans le nord de l’Ouganda, où elle est présente et travaille depuis 1998.
FG