vendredi 9 janvier 2009

Témoignage: l'histoire de John


Par un des rares matins nuageux, dans l’aridité étouffante et hostile du Turkana 200 personnes de la communauté pastorale nomade sont rassemblées sous des arbustes autour d’une unité de santé mobile de l’AMREF.

Alors que les mères se sont groupées autour d’un arbre pour faire peser et vacciner leurs enfants, John Losikiriat marche à travers le reste du groupe en brandissant des affiches expliquant les symptômes des maladies chroniques comme la tuberculose ou le choléra et l’importance de consulter un médecin dès les premiers symptômes.

John est responsable adjoint d'une communauté et bien qu’il parle avec autorité, son comportement amical encourage l’auditoire à poser des questions.

John, quelle formation avez-vous reçue ?

Quand l’AMREF a introduit son programme des soins de santé primaire dans la communauté de Lockichoggio en 1990, je suis devenu membre du comité du village.Nous avons réalisé que, pour faire bouger les choses et améliorer la santé, il fallait que nous nous impliquions dans la réalisation du programme. Le comité a donc décidé que chaque famille contribuerait au coût du programme de santé en donnant une chèvre par an.

En 2004, je suis devenu un ‘ formateur de formateurs’ éduquant les communautés aux problèmes de santé. J’enseigne sur les maladies qui affectent notre population, c'est-à-dire les diarrhées, le paludisme, le choléra, le VIH et sur l’importance de l’immunisation. Deux fois par an, je suis des cours de perfectionnement dispensés par l’AMREF.

Quel est votre rôle dans la communauté ?

Mon rôle principal est de veiller sur la santé de la communauté. La plupart des personnes ici, sont analphabètes et ne connaissent ni la prévention, ni les soins.

Je leur décris les symptômes des maladies et j’insiste sur l’importance d’aller se faire diagnostiquer dans un centre de santé le plus vite possible. J’explique l’importance de l’immunisation et des soins prénataux. Je surveille aussi les signes du début d’une maladie et je les signale au centre de santé le plus proche.

Je n’ai pas de difficultés à concilier mes deux rôles. En donnant des conférences sur la santé le soir et pendant la journée, je peux assurer mon travail de responsable adjoint.

Quand il y a une réunion publique sur des problèmes administratifs, j’en profite pour faire passer aussi des messages de santé.

Quels sont les principaux problèmes du Turkana ?

L’insécurité est le problème majeur. Nous vivons dans la crainte constante d’attaques de nos voisins du Soudan, de l’Ouganda, du Kenya et de l’Ethiopie. Ils attaquent les populations et les animaux qui sont notre gagne-pain. Ils créent une pauvreté qui oblige les populations à fuir vers les villes, et à chercher des petits travaux comme brûler du charbon pour gagner un peu d’argent.

La santé est un grand problème. 60% des habitants du Turkana sont des pasteurs nomades; ils n’ont pas d’hôpitaux dans leurs régions et bougent avec leurs animaux. Avant que l’AMREF arrive, ils étaient oubliés. Les gens mouraient de maladies qui auraient pu être évitées comme les diarrhées, la polio, et les rougeoles.

Le Turkana est une région très sèche et très chaude. L’eau est une denrée rare qui explique le manque d’hygiène. Prendre un bain ou laver ses vêtements est impossible. Les maladies liées à l’eau comme les diarrhées ou les maladies de peau sont donc très fréquentes.

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